COMBATTRE

J’ai commencé à vivre après 21 ans.

J’ai commencé à être une personne avant tout, avant l’anxiété.

Avant, j’étais coincée dans l’ombre de mon stresse. Je suivais son chemin. Un chemin qui menait pas bien loin. Toujours prise au piège entre quatre murs, je n’osait l’affronter. Je l’écoutais, elle. Elle savait comment me mettre en confiance. Me faire sentir en sécurité. Mais cette sécurité m’étouffait. À long terme, on vient à préférer s’oublier et crever que d’être dans cette prison là. Dans l’ombre de quelqu’un. Surtout que ce quelqu’un est qu’un défaut de fabrication quelque part dans ton cerveau. On s’invente des peurs. On s’invente des scénarios terribles qu’une personne normale ne devrait pas se faire que pour se rendre à l’épicerie. C’est terrible quand la phobie sociale embarque. Terrible de se sentir autant seule et autant mal avec soi-même. Les cauchemars. Les crises de panique tout le temps. De l’accumulation qu’ils disent. Un trouble anxieux généraliser qu’ils l’appellent.

21ans. Je peux enfin affronter mes peurs sans en avoir la respiration difficile. Je perds parfois appétit. Je dors mal une semaine de temps en temps, mais je survis. Oui on survit. Parce que oui on peut dire que l’impression de mourir est souvent présente. C’est pas facile à expliquer. Pas facile de mettre les bons mots sur le sentiment. On dirait qu’on meurt réellement. J’imagine qui faut le vivre au moins une fois pour comprendre.

Parfois, tellement la crise est insurmontable on appelle le 15 et finalement on nous dit « ce n’est que de l’anxiété mademoiselle ». Et puis après ce coup de fil on se sent ridicule, dépasser par la situation, par son corps. Et pourtant, aujourd’hui avec du recul, devrait-on vraiment l’être ?! Il y’a tellement d’autres personnes à qui cela arrive.

J’écris cet article-là pour vous montrer que même étant anxieuse, même ayant vécue une phobie sociale, on peut vivre normalement. Un jour, c’est certain avec des efforts. Un jour, on devient une personne à part entière, bien sur l’anxiété est toujours présente mais elle ne tient plus qu’une place minime et beaucoup moins présente. Alors oui, je pleure parfois. Je suis fatiguée, moralement et physiquement par cette anxiété. Parfois je ne dors pas. Mais je refuse d’être son ombre, tout cela est bel et bien fini. Je ne le serai plus jamais.

Malheureusement, ce n’est pas un travail qui se fait du jour au lendemain. Ce fût un chemin long, parsemés d’embûches, qui ne cessait de mettre des montagnes et des avalanches sur mon chemin. Des montagnes de nature morte, des avalanches dévastatrices, destructrices, qui nous brisent de l’intérieur. Qui nous font perdre le contrôle. Toutes notions du temps, du bonheur, de l’amitié et de l’amour. Ces catastrophes qui nous font oublier celle que nous sommes, qui nous plongent dans un néant si sombre et si profond, qu’on croit qu’il sera impossible d’en sortir vivante un jour. Cette route longue, minée et prête à exploser à tout moment. Je savais que mon cœur était meurtri, que ma tête était dans un brouillard dense et sombre, que mes pensées étaient noires, très noires. Quasi perdues dans la noirceur de ma vie. Les larmes qui nous brulent les joues, comme des goûtes d’acides versées sur notre sensibilité. Le sang qui coulait sur mon bras comme la douleur coulait dans mes veines. 

Ne la laissez pas vous consumer jusqu’à votre dernier soupir. Ne la laissez pas faire disparaitre cette petite étincelle de bonheur. cette petite étincelle de votre vrai vous, cacher au fond de votre cœur devenu fou. Reprenez le contrôle, reprenez le dessus. Accepter la femme/l’homme que vous devenez ! Accepter que cette expérience, une expérience qui jamais n’aurait dû arriver, fasse partie de vous. C’est un long parcours, dans lequel il est important de travailler sur notre personne, de nous parler, de nous raisonner, nous poser des questions et analyser le pourquoi du comment de nos actes, nos paroles et nos pensées. Après cette longue route qui avait fait la guerre dans mon cœur et ma tête, j’ai juste appris, tellement qu’aujourd’hui je peux dire que j’ai acquis. Des amas de poussières et de liberté, des rêves qui s’entremêlent avec la profondeur du monde. Le temps vient avec des souvenirs et des étoiles que je finirai toujours par chérir.

Je suis devenue le résultat de mes combats.

 

Et retenez bien cette phrase : « Nous ne sommes pas faibles dû au passé.
Au contraire. Peut-être qu’un jour ces faibles-là, le comprendront à leurs tours. »

Prenez soin de vous,

Xx Margaux

 

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